Le blog perso de Pierre Chappaz
Moi qui vient de la radio, je suis naturellement portée à la conversation plutôt qu'à la dissertation. Petit à petit, avec mon 1er métier (la radio donc) j'ai développé une attention particulière aux non-dits (l'équivalent des "entre les lignes" sur le web), aux silences, à ce que j'appelle les "signaux faibles" de la conversation.
Ces signaux ne sont pas seulement ceux développés en CNV la Communication non verbale qui s'intéresse d'abord au corps et à ses messages. Ici, je parle surtout des signaux faibles du message sans image. Comme par exemple ce post, ou la conversation téléphonique, ou la radio...
Après la radio, je me suis mise à "parler" sur internet, en écrivant des héhéhé et du lol dans mes mails. Là aussi, il s'agit surtout de messages sans images. Je discute "scriptement" (ça existe?) en ligne. et il y a des silences aussi... Sur le web, les signaux faibles les plus courants sont par exemple : je ne répond pas à un mail (silence) ou je tarde beaucoup. Ou encore j'utilise un mot un peu fort, dans un post, dans un mail, pour qualifier en positif ou négatif une idée ou qq'un. Et je déclenche une mini (ou maxi) relation ou vexation.
La vexation et son expression (l'engueulade) est la monnaie la plus courante sur les blogs. Pourquoi ? On me dit souvent : c'est une question d'ego. Ok. Mais il y a aussi ce qu'on met entre moi et toi, c'est à dire l'échange lui-même avec ses signaux visibles et invisibles ou faibles. Et avec la professionnalisation des blogs, les vexations sont de plus en plus subtiles. Voire cachées silencieuses...
Je trouve que, plus qu'une société de la communication, on est en train d'entrer dans une société de la relation. Une société ou la qualité des messages et de la relation détermine bien plus qu'avant, nos actions.
Et vous, vous avez déjà fait attention à ces signaux faibles ? Est-ce que vous auriez des exemples ?
Quelques lectures autour de ce sujet : Honest Signals du professeur Pentland du MIT. L'article de INternet Actu sur le sujet. Et "BLINK, The power of thinking without thinking" de Malcolm Gladwell.