Le blog perso de Pierre Chappaz
La possibilité de rechercher dans les livres par un simple mot-clé est un fantastique développement dans l'accès à la connaissance. La quantité d'infos contenue dans les livres est sans doute encore -pour peu de temps?- supérieure à la quantité d'information éditée directement sur Internet.
Mais...les éditeurs de livres sont encore plus conservateurs que les producteurs de disques. Comme ces derniers, ils s'opposent à l'accès à leur contenu au motif du respect des droits des auteurs (et des leurs). Si on peut comprendre l'inquiètude des producteurs de disques qui voient une partie de leurs ventes d'évaporer du fait de l'échange de fichiers musicaux et du développement des lecteurs MP3, je ne comprends pas cette attitude rétrograde des éditeurs de livres! Croient-ils vraiment que les lecteurs vont préférer lire un bouquin de 300 pages sur un écran plutôt que de l'acheter??? invraisemblable. C'est même tout le contraire qui devrait se passer: allèchés par les extraits trouvés sur le Net, les internautes pourraient bien se mettre à acheter davantage de livres et non pas moins!
Cette attitude passéiste atteint comme de juste son comble en Europe et notamment en France ou la Bibliothèque Nationale continue à numériser les livres en mode image, donc inaccessible aux moteurs de recherche. Ce même organisme et son président Jean-Noel Jeanneney sont par ailleurs les promoteurs d'un véritable serpent de mer, le moteur de recherche européen. Le projet est voué à l'échec, mais tout n'est pas perdu: exalead, une société française dont certains actionnaires sont particulièrement bien branchés sur les cercles du pouvoir en a semble-t-il profité pour se faire financer.