Le blog perso de Pierre Chappaz
Google fait le ménage. Il avait déja dégradé il y a quelques jours le page rank de certains sites en raison de leurs achats de liens. C'est vraisemblablement ce qui est arrivé récemment à Pixmania (passé d'un PR de 7 à 4).
La dernière action de Google a déclenché une jolie polémique dans la blogosphère US: il s'agit de la pénalisation du page rank de nombreux blogs, participants à un réseau de posts sponsorisés.
Michael Arington, le boss de Techcrunch, et Ted Murphy, le fondateur du réseau, ne s'aiment guère.
Résultat: au lieu de porter sur la légitimité de l'action de Google, la polémique porte davantage sur le fait de savoir si Techcrunch pratique ou non lui-même la vente de liens, comme le prétend
Ted Murphy sur son blog , ce que conteste Techcrunch.
Je lis dans le post de Ted qu'il suffit de mentionner le nom de son réseau X-X-X sur un blog pour se trouver dans le collimateur de Google. Je ne prendrai donc pas le risque de nommer le réseau (mais il m'étonnerait que Google manque à ce point de discernement).
Il est clair que Ted Murphy n'est pas tout blanc: il a entretenu la confusion entre les posts sponsorisés (qui sont des publis-rédactionnels, on aime ou pas, mais ce métier a tout à fait le droit d'exister sur Internet comme dans les medias traditionnels), et la vente de liens (un procédé interdit par Google qui n'aime pas du tout qu'on cherche à influencer ses pages de résultats).
Je suis surpris de la réaction de Murphy. S'il était réaliste, il ferait comme son concurrent français eBuzzing (candidat au concours
de startups Kelblog), qui annoncent sur leur blog qu'ils mettront
dorénavant des commandes no-follow sur les liens inclus dans les posts sponsorisés. Au lieu de cela, Murphy crie à la censure, et défend son droit à inclure des liens directs dans les billets. Il
explique que Google veut avant tout éliminer un concurrent. Les posts sponsorisés sont bien plus rémunérateurs qu'adwords pour la monétisation des blogs...
Tout de même, ça c'est une vraie question. Est-ce que Google, sous couvert de lutter contre la vente de page rank, n'en profiterait pas pour étouffer un concurrent bien placé sur le marché de la monétisation des blogs?
Surtout, est-ce que Google, avec son quasi-monopole sur le trafic Internet, n'a pas une obligation morale d'expliquer clairement ses décisions? les indications générales données aux webmasters ne suffisent plus quand on a, comme eux, pouvoir de vie ou de mort sur pratiquement tous les sites Internet de la planète.