Le blog perso de Pierre Chappaz
Plusieurs fois en rentrant de Paris je me suis dit que j'allais faire un post pour protester contre le manque de taxis dans la capitale...Je n'ai jamais fait ce post, mais voici qu'Attali met le sujet sur le tapis.
La proposition du rapport qui semble appelée à faire le plus de bruit, c'est bien l'ouverture complète du marché des taxis et des véhicules de petite remise parisiens. Depuis 50 ans aucun politique n'a eu le courage de s'attaquer au problème, et je m'étonne encore que Sarkozy semble avoir l'intention de le faire.
Comment dit Blair, "le changement ne plait jamais" , et les mécontents sont nombreux parmi les accros de la cigarette empêchés de fumer dans les restos, les employés de la ratp privés de régimes spéciaux, les avocats qui ne feront plus leur beurre avec les divorces par consentement mutuel, les fonctionnaires dont le nombre diminue, ...
Et maintenant Sarko va se mettre à dos les taxis? ce n'est plus du courage, c'est de la témérité.
J'ai entendu le Président de la fédération des taxis sur France Info, et ce monsieur était très très fâché. Il annonce le blocage de la capitale dés la semaine prochaine (à partir du 30 janvier). Et les taxis sont tout de même suffisamment nombreux pour créer un embouteillage d'enfer.
Amis parisiens, ça va vous rappeler le mois de Novembre...
Voici le texte de la proposition de la commission Attali:
« Pour pouvoir aujourd’hui exercer l’activité de chauffeur de taxi, il convient de satisfaire aux conditions suivantes : attester la réussite à l’examen professionnel de chauffeur de taxi ; acquérir une autorisation de stationnement sur la voie publique, soit gratuitement auprès du maire ou du préfet de police à Paris, soit à titre onéreux auprès d’un chauffeur de taxi qui cesse son activité ; respecter les tarifs maximum fixés par arrêté du ministre de l’Économie et par arrêté préfectoral pris dans chaque département. Un nombre extrêmement limité de licences gratuites étant accordé chaque année, le prix de revente des licences est très élevé dans les villes où l’offre est manifestement insuffisante (140 000 euros à Toulouse, environ 190 000 euros à Paris, 400 000 euros à Orly). Plusieurs facteurs illustrent l’urgence de mettre fin au numerus clausus des taxis. L’augmentation de la population en Île-de-France, l’évolution du trafic aérien et du trafic ferroviaire, la croissance du PIB depuis 1981 permettent d’évaluer à environ 8 000 le nombre de licences qui auraient pu être créées pour satisfaire la demande en région parisienne, alors même que plus de 6 500 chauffeurs taxis locataires ou salariés attendent de pouvoir acquérir une licence. À Londres et à New York, les systèmes de plaques de taxis n’ont pas été libéralisés et ces villes comptent environ autant de taxis que Paris, mais des voitures dites « de petite remise » (VPR) permettent de répondre à la demande : elles sont 50 000 à Londres, 42 000 à New York, contre à peine 100 à Paris. La réforme ne doit donc pas seulement se concentrer sur les taxis mais développer de nouvelles offres de transport dédiées à des segments spécifiques de la demande. La loi du 20 janvier 1995 a rendu les licences cessibles après leur exploitation effective et continue pendant une durée de 15 ans, durée réduite à 5 ans après la première mutation. De plus, cette loi a précisé que la délivrance de nouvelles autorisations ne donne pas droit à indemnité au profit des titulaires d’autorisations précédemment délivrées. Une ouverture complète du marché des taxis et des véhicules de petite remise parisiens permettrait d’avoir au total de 50 000 à 60 000 taxis et VPR à Paris et en proche banlieue (contre 16 000 aujourd’hui), soit un gain d’emploi de 35 000 à 45 000. En Irlande, après la libéralisation des taxis en 2000, le nombre de taxis a augmenté de 150 % en 3 ans et la densité de taxis a considérablement augmenté, passant de 1 pour 186 habitants à 1 pour 72 habitants (contre 1 pour 360 à Paris et proche banlieue). Si cette même densité prévalait, il y aurait 80 000 taxis à Paris, soit une création de 64 000 emplois. Dans les grandes villes de province, où la densité de taxis est encore plus faible (on compte un taxi pour 1 000 à 3 000 habitants dans les 15 plus grandes villes de province), les créations d’emplois pourront être beaucoup plus importantes qu’à Paris. »