Le blog perso de Pierre Chappaz
J'ai participé hier à Strasbourg au congrès de la Fédération Nationale de la Presse Française qui fédère 2000 titres "papier" au travers de leurs syndicats traditionnels: SPQN pour les quotidiens nationaux, SPQR pour les régionaux etc...
Ce congrès qui ne se réunit que tous les 3 ans rassemble les dirigeants d'une profession fortement secouée par Internet (ainsi que par le développement des journaux gratuits).
L'inquiètude était palpable dans plusieurs interventions, en ces temps de baisse de la diffusion et des revenus publicitaires ... Et pourtant j'ai été surpris d'entendre davantage d'appels à la
mobilisation pour la " défense de la profession" et "l'arrêt du piratage" que d'appels à prendre toute la mesure de l'importance d'Internet et à investir massivement le réseau qui est la clé de
l'avenir de tous les médias. Les attitudes et les opinions m'ont paru très contrastées, à l'image d'une profession en crise confrontée à un changement extrèmement rapide.
Lors de la table ronde à laquelle j'ai participé j'ai bien senti que tous les medias ne sont pas à la même enseigne. L'information instantanée sur le Net remet bien davantage en cause la
mission des quotidiens que celle des magazines, qui semblent au contraire pouvoir profiter d'une ouverture supplémentaire en diffusant à leur tour sur leurs sites des flux d'information en
continu. J'ai été très interessé par les explications de Fabrice Boé Président de Prisma Presse qui a expliqué que le métier des groupes medias est d'abord de gèrer des marques et des contenus,
qui peuvent éventuellement être diffusés différemment à l'image du site Capital.fr qui publie en permanence en s'appuyant sur le mensuel.
Qu'on ne se meprenne pas je ne fais pas partie de ceux qui pensent que les vieux medias sont morts, ni même que le support papier est obsolète.
Simplement la croissance de la consommation d'informations et des budgets publicitaires passe par Internet, et ce n'est pas en ayant peur des changements que les medias traditionnels tireront
leur épingle du jeu. Seuls ceux qui sauront rapidement faire de leur développement sur Internet une priorité seront bien positionnés pour bénéficier de cette croissance.
Les sites des grands quotidiens français ont certes déja une audience signicative, mais bien loin de ce celle des plus grands services Internet. Et quels sont les moyens réellement consacrés à
leur développement en regard des énormes investissements consacrés au support papier? et puis, n'oublions pas, les journaux français sont handicapés par de très anciennes lois sur les droits
d'auteur peu adaptées à la diffusion des contenus sur différents supports...comme me le rappelait le responsable d'un site de presse important à qui j'ai proposé de faire un post sur Kelblog
pour s'en expliquer.
J'ai essayé dans mon intervention de donner envie à tous ces patrons de presse d'entreprendre sur le Net. De s'appuyer sur l'immense mouvement des internautes qui blogguent, dialoguent,
commentent, produisent de l'info et des opinions. Je leur ai conseillé de distribuer résolument leurs contenus via des flux RSS finement segmentés. Le RSS est véritablement une révolution dans
la distribution de l'information, il rend les contenus accessibles à une audience bien plus large et diverse que celle des habitués de tel ou tel site media. Il permet aussi la création de
services à valeur ajoutée tels que Wikio ou Netvibes, ce qui finalement amène sur les sites éditeurs des lecteurs nouveaux et plus fréquents.