Le blog perso de Pierre Chappaz
L'action Apple a dévissé de près de 40% depuis Janvier, et celle d'eBay également. La raison? ou plutôt les raisons?
- Les marchés boursiers ne vont pas bien, et particulièrement les valeurs de la Technologie et de l'Internet (à l'exception notable de Google).
- Apple a beaucoup monté l'an dernier (mais pas eBay qui descend depuis 2 ans)
- Les ventes d'Ipod, après une croissance météoritique, ne connaissent plus qu'une croissance de l'ordre de 30%. De plus, les rumeurs qui circulent annoncent l'entrée de Microsoft sur le marché
de la musique avec un Ipod Killer qui serait lancé pour Noel...personnellement je ne crois pas que Microsoft arrive à faire vraiment du mal à Apple qui contrôle 80% du marché MP3, mais
la rumeur a suffit pour faire reculer l'action de la société de Steve Jobs.
- eBay a le même problème de croissance: sa pénétration aux US et en Europe (notamment en Allemagne) est très importante, la croissance ne vient plus de l'augmentation du nombre d'utilisateurs
mais de celle du panier moyen, et de celle de Paypal. Et justement, eBay a des soucis de ce côté-là aussi depuis que Google a décidé de lancer son propre système de paiement concurrent de
Paypal...Google est vraiment la bête noire d'eBay, qui en est fortement dépendant pour son trafic (selon certaines sources 10% du trafic de Google arriverait finalement cheez eBay!). De plus,
côté Skype, acheté l'an dernier par eBay, la croissance du trafic est bien là mais pas celle des revenus: Skype va faire à peine 50 millions de dollars de revenus nets cette année!
Le chiffre de 30% de croissance par an semble être le chiffre fétiche des investisseurs: au-dessus, vous êtes vraiment une valeur Internet, vous avez droit à une valorisation très élevée en termes de multiple du profit parce que les actionnaires valorisent la croissance et donc les profits futurs. Au-dessous, vous tombez dans la catégorie des entreprises banales...bien moins excitantes... et la valorisation en termes de multiple du profit revient dans des chiffres plus modestes.
Les mouvements de balancier auxquels nous assistons sont très violents et lorsqu'une action tombe, elle peut rester au plus bas pendant longtemps, comme celle de Microsoft qui ne s'est jamais remise de l'éclatement de la bulle en 2001....