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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 19:01

Je remercie mon ami Bertrand Dussauge de m'avoir offert Petite Poucette, que Michel Serres a écrit au début de l'an dernier.

 

Le petit livre que le philosophe octogénaire consacre à la génération des petites cliqueuses (Petite Poucette clique avec les pouces sur son smartphone) est rafraichissant, sa réflexion sur le changement de civilisation impulsé par Internet est d'autant plus pertinente que le philosophe reste au contact des jeunes dans son activité d'enseignement aux Etats-Unis.

 

Michel Serres regarde les jeunes hyper-connectés et bavards avec bienveillance, "ces enfants (qui) peuvent manipuler plusieurs informations à la fois. Ils ne connaissent, ni n'intègrent, ni ne synthétisent comme nous, leurs ascendants".

 

Pour lui tout est à revoir:

- l'enseignement bien sûr. Dans un monde ou le savoir est à portée de tous en quelques clics, l'enseignant qui "oralise un savoir écrit", un savoir qui était autrefois rare et difficlement accessible, ne peut plus s'attendre à ce que les élèves l'écoutent religieusement en silence. La pédagogie est à repenser totalement avec les nouvelles technologies.

- la politique, car Internet signifie l'explosion de la parole et le "vote permanent". Michel Serres utilise cette belle formule: "nos institutions luisent d'un éclat semblable à celui des constellations dont les astronomes nous apprennent qu'elles sont mortes depuis longtemps déja."

- le travail, car selon lui Petite Poucette s'ennuie au travail, une activité qui de toute manière se raréfie. Je ne suis pas d'accord avec lui sur ce point. Le travail change rapidement avec la disparition des hiérarchies et leur remplacement par la collaboration en réseau. Il ne disparait pas, il se déplace, notamment vers les pays émergents, mais globalement il n'y a jamais eu autant d'hommes au travail.

 

Dénonçant les atrocités des idéologies anciennes, Michel Serres préfère le "connectif" au "collectif". Le connectif, plus doux, c'est le monde des réseaux, qui permet à chacun de s'exprimer et de se rapprocher des gens qui partagent ses centres d'intérêt.

 

La réflexion sur le format de communication écrite, qui reste la page, reproduction du lopin de terre de nos ancêtres, est captivante, même s'il oublie un peu l'hypertexte et la video.

 

Vers un printemps occidental?

 

Petite Poucette est vraiment un livre à découvrir, pour préparer le "printemps occidental", pour lequel "toutes les conditions (sont) réunies, sauf que les pouvoirs qui s'y opposent n'utilisent plus ici la force mais la drogue", en particulier la drogue diffusée par les programmes abêtissants des grands medias.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 14:08

Je viens de terminer de lire le Petit traité de l'abandon d'Alexandre Jollien (le livre vient avec un CD). Il y a des lectures qui marquent plus que d'autres, celle-ci en fait partie. On sort de ce livre apaisé, un petit peu mieux armé pour vivre ...

J'avais eu la chance d'écouter Jollien en conférence récemment au théatre du Léman, lors d'un dialogue avec Mathieu Ricard. Il était fulgurant, profond, humble et plein d'humour. Peut-être parce que son handicap lui rend difficile de trouver les mots, chacune des paroles de Jollien est essentielle.


Petit Traité de l'abandon - Alexandre Jollien par EditionsduSeuil

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 19:06

Mon ami Jean-Marc Potdevin, qui était notre CTO (Directeur Technique) chez Kelkoo à la belle époque, vient d'écrire un livre peu banal. Il ne s'agit certes pas d'un livre de technologie!

Son titre: "Les mots ne peuvent décrire ce que j'ai vu".

Et pourtant, les mots de Jean-Marc décrivent l'incroyable: sa rencontre avec Dieu, dans une chapelle au Puy, lors de son pélerinage vers Saint-Jacques de Compostelle qui lui pris 3 mois. 

JMP.jpgCertains d'entre vous vont sourire ... une rencontre avec Dieu, pensez-vous!

Moi pas. 

Même si je ne partage pas la foi chrétienne de Jean-Marc, je suis comme lui convaincu que notre existence ne se limite pas à ce que véhicule la vision scientiste des choses. Nous ne sommes pas des ordinateurs! Nous pouvons avoir accès à la transcendance, avoir conscience du grand Tout dans lequel nous nous inscrivons.

Pour moi, la transcendance fait davantage référence à l'Etre essentiel d'Eckhart Tolle qu'à un Dieu au sens chrétien du terme.

Nous avons avec Jean-Marc des conversations passionnantes, parfois même par mail. Ainsi Jean-Marc m'écrit: 

"En fait, je suis quasiment d'accord avec ta phrase :

pour moi toutes les religions et spiritualités parlent de la même chose au fond, qui est pour moi l'Etre infini et éternel dans le moment présent, cet Etre essentiel que nous sommes tous."
avant de préciser sa pensée:
"pour moi toutes les religions et spiritualités cherchent la même chose au fond, qui est pour moi l'Etre infini et éternel dans le moment présent, cet Etre essentiel que nous sommes tous appelés à être et à rencontrer au fond de nous.
donc oui, tu as raison, il y a au fond de l'homme cette capacité à deviner le divin en lui, l'absolu, et à se mettre en quête pour le trouver."

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 15:17

"Il est plus facile d'arrêter sa conversation avec les autres qu'avec soi-même": cette citation de Taikan Jyoji figure dans l'Art de l'étonnement, un délicieux petit livre du philosophe Jacques de Coulon qui contient 365 pensées surprenantes de sages bouddhistes, taoistes, soufis, grecs , juifs et occidentaux.

A l'époque des réseaux sociaux, un simple clic suffit pour arrêter le bavardage avec ses amis numériques. Mais arrêter notre propre bavardage mental, c'est une autre paire de manches. Le flot de nos pensées nous envahit à toute heure du jour et de la nuit. 

C'est pour apprendre à arrêter mon mental, ce petit ordinateur qui raisonne et calcule en permanence dans ma tête, que je me suis intéressé depuis des années au bouddhisme. Quand je pratique la méditation, j'arrête le flux de projections mentales, ou je les laisse passer comme de légers nuages. Essayer de ne penser à rien. Etre juste pleinement présent, ici et maintenant.

tolle"Se sentir connecté à notre être essentiel" dirait Eckhart Tolle, dont l'ouvrage Le pouvoir du moment présent est un de mes livres de chevet, que je relis une nouvelle fois en ce moment.

Tolle dit du mental: "le mental est un outil merveilleux. Le dysfonctionnement s'installe quand vous y cherchez votre moi et vous le prenez pour vous. Il devient alors l'ego et prend totalement le contrôle de votre vie".

Comme beaucoup de chefs d'entreprise et de blogueurs, je suis ambitieux, et j'ai un gros ego.

 

Eckart Tolle me soigne: il me rappelle que l'ego est une illusion, le temps aussi d'ailleurs car nous le créons par nos constantes projections mentales ... Rien n'existe à part l'instant présent.

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 11:02

 

 

En ce Dimanche calme et ensoleillé, je lis Graf Durckheim, "le centre de l'être". Une synthèse lumineuse de la psychanalyse et de la sagesse orientale, bouddhiste mais pas seulement.

On ne résume pas facilement ce genre de bouquin, et ce n'est pas mon propos (mais je vous conseille de le lire, il vous fera du bien!). Je ne vais pas non plus de me lancer dans une dissertation sur le zazen, la nécessaire connection du moi existentiel et de l'être essentiel qui nous transcende... et pourtant! Comme à chaque fois que je touche du doigt cette transcendance, cette grande Vie qui est au-delà de notre agitation quotidienne, je me demande "pourquoi pas plus"?

 

PICT0042

 

Pourquoi est-ce que je ne pratique pas plus souvent la méditation, alors que je sais le bien immense qu'elle fait? Pourquoi est-ce que je ne vis pas davantage en connection avec la nature, au lieu de passer tant de journées à cliquer? Qu'est-ce qui m'empêche de pratiquer la sagesse de Durckheim, Eckart Tolle, Sogyal Rinpoché? 

Comment être engagé dans la vie sociale et économique, je suis chef d'entreprise ... tout en trouvant un sens plus profond à ma vie, qui soit au-delà de tout ça? L'amour et l'amitié, bien sûr, qui réunifient, sont des réponses.

Mais le zapping permanent , la folle sur-consommation d'informations, la connection en tout temps et en tout lieu, tout cela n'aide pas à rester dans la sérénité. Depuis 10 ans, je suis accro à l'Internet, je crée des startups, je vis des expériences humaines passionnantes. Mais Internet est aussi aliénant, je me sens comme multiplexé, parcouru, hâché par ces myriades de signaux que j'absorbe et je traite à toute vitesse. Souvent, le sens de cette frénésie disparaît.

Lire un livre devient une activité rare, un livre de philosophie encore plus.

Justement, grâce à Durckheim, je vais peut-être comprendre un petit peu mieux comment continuer à participer à la frénésie d'une startup, en appréciant pleinement chaque pas sur le chemin? Allez, je retourne à ma lecture!

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