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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 10:22

Samedi, Le Temps publiait une remarquable interview de Hans-Werner Sinn, président du prestigieux institut de recherche économique allemand Ifo. Je partage son point de vue sur l'essentiel, pour l'instant l'union européenne ne fait qu'essayer de retarder l'inévitable ...

(Article complet)

 

Le niveau d’endettement des pays européens a beaucoup augmenté ces dernières années. Comment expliquez-vous cette accélération?

– Les gouvernements ont toujours eu la vue courte depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ils se moquent des conséquences de leurs politiques sur le long terme car ils savent que ce sont leurs successeurs qui devront en supporter le poids. Mais l’introduction de l’euro a accéléré la hausse des dettes publiques car les pays périphériques qui ont rejoint l’union monétaire ont pu du jour au lendemain emprunter beaucoup plus facilement de l’argent sur les marchés financiers. Et une bulle s’est créée.

 

 

Pensez-vous que des pays européens risquent de faire faillite?

– Beaucoup de pays pourraient faire faillite. C’est vrai par exemple pour l’Italie, mais la France et l’Allemagne ne sont pas non plus sorties d’affaire. La Grèce sera, quant à elle, sûrement incapable de rembourser ses dettes.

 

- Je pense que l’euro a été introduit d’une manière trop hâtive et qu’il a été accordé à trop de pays. Certaines nations devraient pouvoir l’abandonner de leur propre chef. L’euro a aidé l’Europe quand il lui était facile d’obtenir des liquidités sur les marchés financiers mais si Athènes garde aujourd’hui cette devise, tout le pays va continuer à souffrir pendant très longtemps et son taux de chômage restera très élevé. Permettons-leur de quitter l’euro, de réintroduire la drachme et de convertir leur dette en drachmes. Pour devenir aussi compétitive que la Turquie, la Grèce doit déprécier sa monnaie de… 44%. Toute autre soi-disant solution est un mythe.

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Published by Pierre - dans Crise
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commentaires

Dominique De Vito 28/11/2011

Quelle ironie ! C'est l'introduction de l'euro qui a hâté le déclin des pays européens en raison du fait que les effets des politiques (court-termistes) néfastes de ces pays en ont été décuplés...

Gourmet 29/11/2011

Bonjour,
expliqué ainsi (dans l'article complet) c'est lumineux.
Et cela met encore plus en évidence les combines de nos gouvernants qui privilégient bien davantage leur position (et le maintien de celle-ci) que la réelle prise à bras le corps des soucis.
Combien de temps cela durera-t-il encore ?

Si je résume, il faut, d'un point de vue français, que la situation actuelle se fige pendant 6 mois.
C'est bien ça ?
db

Dominique De Vito 29/11/2011

@Gourmet
Effectivement, le gouvernement semble s'acharner à tout figer jusqu'à la période des élections:
- blocage des licenciements dans les entreprises pour lesquelles l'Etat a une influence (directe ou indirecte)
- blocage du prix du gaz : l'Etat espérait que le résultat du recours de GDF ne tomberait qu'après les élections, mais c'était sans penser aux producteurs alternatifs de gaz qui ont été plus
rapides
- forcing pour instaurer les euro-obligations : un moyen de cacher la poussière sous le tapis, pour que les pbs apparaissent bcp plus tard.
- etc.

Mais la réalité semble ne pas trop s'en laisser compter avec les chiffres du chomage, le taux de croissance réel, etc.