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18 octobre 2007 4 18 /10 /octobre /2007 09:44

En lisant ce matin l'éditorial de l'excellent quotidien suisse Le Temps (équivalent du Monde) je me suis dit:  il faut que je le partage avec mes lecteurs français. Exceptionnellement, je me permets donc de copier intégralement cette analyse de Sylvain Besson. Pour moi, on ne saurait si bien dire...

      
 
Sylvain Besson
Jeudi 18 octobre 2007
La France, pays éternellement rétif aux réformes, bloqué par les privilèges et les revendications d'un autre âge... ce vieux cliché va reprendre des couleurs ce jeudi, à l'occasion de la grève géante qui paralysera la presque totalité des transports publics dans l'Hexagone.

A première vue, l'objet du conflit est limité: les syndicats des chemins de fer s'opposent à la réforme des «régimes spéciaux», qui permettent à certains employés du secteur public de prendre leur retraite incroyablement tôt (50 ans pour les conducteurs de train et de métro). Nicolas Sarkozy, qui subit là sa première épreuve d'envergure, veut supprimer cet «acquis social» datant de l'après-guerre, coûteux pour l'Etat et discriminatoire, puisque seules 500000 personnes en profitent.

Mais le message envoyé par les syndicats qui ont appelé à la grève est plus large: bien qu'il ait été élu par 53% des Français, Nicolas Sarkozy ne pourra appliquer son programme sans résistances. On peut même parier qu'elles surgiront dans tous les secteurs concernés par ses réformes.

En faisant passer l'abolition des régimes spéciaux avant d'autres mesures plus importantes (nouveau droit du travail, allégement des charges pesant sur les salaires ou de la fiscalité des entreprises...), le président français prend un risque considérable. Il ne veut ni ne peut reculer, puisque ce serait envoyer un message de faiblesse qui compromettrait ses projets futurs.

Son pari est que, après un jour de grève, la plupart des syndicats retourneront s'asseoir à la table des négociations et finiront par accepter, sous une forme peut-être édulcorée, la fin des régimes spéciaux. Nicolas Sarkozy remporterait alors une victoire symbolique, qui galvaniserait son électorat et neutraliserait les oppositions.

Il existe une autre possibilité: la grève se prolonge, encourageant d'autres «mouvements sociaux» partout où les mécontentements existent. L'économie souffre, la population s'impatiente, le gouvernement devient impopulaire et impotent. Les réformes les plus nécessaires - assouplissement du droit du travail, élimination des innombrables barrières à la concurrence, simplification des pesantes structures étatiques - sont une nouvelle fois repoussées aux calendes grecques. C'est le scénario du pire mais, en France, il n'est pas impossible.

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Published by Pierre
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commentaires

mathieu rondeau 23/10/2007 12:21

à la lecture des nombreux posts et commentaires sur cette grève qui n'a pas changé la face du monde, on notera que les pleureuses et les pleurnicheurs ne sont pas forcément ceux que l'on stigmatise tout le temps...

Personnellement je suis content de ne pas avoir un misérable salaire de la fonction publique, et surtout content de ne pas avoir à subir la vindicte permanent de "ceux qui travaillent" (et qui passent leur temps de travail à se tripoter la nouille sur la web à pester contre la vermine fonctionnaire).

vaterlandslose-gesellen.de 23/10/2007 02:06

La France est en retad sur le pouvoir d achat. Il est temps que les syndicats fassent une bonne greve generale pour retablir un meilleur rapport de force, comme actuellement en Allemagne.

Thomas 22/10/2007 11:24

"la réforme des «régimes spéciaux», qui permettent à certains employés du secteur public de prendre leur retraite incroyablement tôt (50 ans pour les conducteurs de train et de métro)."

=> Pas tout à fait.
Les régimes spéciaux concernent également les personnels à travaux pénibles, tels que les marins-pêcheurs.

HugoMe 19/10/2007 11:58

Et bien de nouveau pas d'accord.
Nicolas Sarkozy a été élu pour faire des réformes.
Il l' a proclamé urbi et orbi
Ses électeurs l'attendent au tournant des municipales (mars 2008).
Le début du mandat ayant été assez mauvais (15 milliards d'euros de trou pour qqs % de la population), et les médias ayant fini par en rendre compte, l'état de grâce s'effritant assez vite, il n'a pas d'autre choix que d'amorcer ce sur quoi il y a le plus large consensus (reforme des régimes spéciaux).

Et la réalité c'est que la réforme des retraites EST la réforme la plus importante, car elle pèse sur le taux d'activité (et donc la productivité du pays) et sur le coût des salaires (et donc l'emploi) , dont elle représente la majeure partie

Ce qui est une erreur, c'est d'avoir fait le trou de 15Md avant, donnant des arguments à la gauche gauchiste pour clamer, à juste titre, "deux poids, deux mesures" et prenant le risque de bloquer l'opinion publique

David 19/10/2007 04:55

Excellente analyse ed la part de Sylvain Besson. Il est temps que les anciens se poussent et laissent la place aux jeunes talents. C'est vrai en politique, à la tête de nos entreprises et dans les services publics.
Et si dans la négociation, on laissait partir les actuels fonctionnaires qui n'ont toujours pas compris que le monde était en plein bouleversement, et si on ne faisait entrer dans la bergerie que des jeunes loups plus motivés par le travail que leurs pairs ?

Mike 18/10/2007 11:40

Pas dit que face à un prolongement des grèves l'impatience soit tournée vers le gouvernement. 61% des Français se sont déclarés contre les grévistes.

NightAngel 18/10/2007 03:59

Je suis tout à fait d'accord avec Mike, je doute que l'état français soit remis en cause de quelque manière que ce soit. N'exagérons rien, les fonctionnaires ne représentent pas la majorité de l'électorat et donc le débat pourrait rapidement être clôt par simple référendum par exemple et là il n'y aurait pas de contestation possible. Cependant je conçois tout à fait que les négociations peuvent trainer voire paralyser une bonne partie de nos infrastructures. Si c'est le prix à payer pour que ça aboutisse alors ça ne me dérange pas car les "régimes spéciaux" sont presque anticonstitutionnels à mes yeux. J'avoue dire cela alors que je ne suis en aucun cas dépendant des infrastructures grévistes.

ignazio Lo faro 18/10/2007 01:11

exactement ne confondons pas les fonctionnaires et les Français.
Heureusement il n'y a pas que des fonctionnaires chez nous.
La prise de risque n'est pas une habitude française. Cela se retrouve dans le nombre incroyable de fonctionnaires "carriéristes" nécéssaires pour faire "vivre" la france...Un boulot à vie, sans trop forcer.
Tout est lié.

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