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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 02:02

Le temps de l’Internet n’est pas celui de la mécanisme bruxello-étatique de distribution de subventions. Quaero a été annoncé il y a trois ans, soit une éternité ! Il remplace maladroitement le capital risque et les business angels. Il ne favorise pas véritablement les entrepreneurs au vu des bénéficiaires (France Telecom, Thomson, les labos). Il aide des chercheurs sans produits et sans modèle économique. Il permet peut-être à quelques centaines de chercheurs de travailler dans des conditions décentes mais très insuffisant pour s’attaquer aux entreprises américaines dominantes du secteur(...).

C'est sur Opinions Libres. Comme toujours sur le blog d'Olivier Ezratty.  l'analyse est particulièrement fouillée, bien au-delà de ce que j'en disais il y a quelques jours. Vous y apprendrez notamment dans le détail qui bénéficie de cet argent public. 

Nous sommes d'accord avec Olivier sur la conclusion:

Quaero est un outil de financement de la recherche, pas un outil “industriel”. C’est l’une des pompes à finance des grands groupes, spécialisés dans le sport de collecte de subventions.

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Published by Pierre
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commentaires

Herve Lebret 25/03/2008 12:48

Encore une remarque sur les politiques industrielles; certes Airbus demande de très lourds investissements. Mais prenez l'industrie du semi-conducteur qui est à l'origine de la Silicon Valley et vous découvrirez qu'on parle bien souvent de centaines de millions d'investissement. Pourtant, la aussi des start-ups se développent sans argent public. Intel il y a quarante ans; et l'Europe a aussi de jolis succes (CSR, ARM et même SOITEC à Grenoble qui n'a sans doute pas été autant aidée que ST Microelectronics)...

ZISERMAN 25/03/2008 03:26

Parfaitement en phase avec tout ça.

Dommage pour plusieurs raisons :
- Comme je le dis dans mon dernier billet ( http://www.ziserman.com/blog/2008/03/24/lapres-google/ ), il y a vraiment des choses à faire, sur des nouveaux usages liés à la recherche, en rupture par rapport au modèle de Google ;
- La commission européenne n'est pas satisfaite par cette situation. Je connais un peu les équipes là bas, pour avoir travaillé avec eux. Ils rêveraient d'aider vraiment les industriels européens pour contrer la domination américaine dans le logiciel. Le problème est qu'ils n'ont pas d'interlocuteurs. Le "système" a généré ses "parasites". Exemple : les grandes sociétés de services qui poussent pour des projets open-source, parce que ce sont les projets qui leurs permettront de manger le plus : l'avenir du logiciel en europe, ils s'en battent les ...

Mais concrètement, si vous avez des projets, il y a des interlocuteurs intéressants à Bruxelle. Après, faudra convaincre, négocier... Le chemin est très probablement étroit mais peut être pas impossible.

Olivier Ezratty 24/03/2008 10:01

Airbus est un projet industriel classique qui justifiait dans les années 70 l'investissement massif des états. Pourquoi? Parce que les investissements étaient énormes, parce qu'il fallait conçevoir et construire des produits complexes avec une coordination industrielle énorme, et parce qu'aucun acteur du privé semblait à même de fédérer ses concurrents (rappelez vous l'échec du Mercure de Dassault Aviation...). Coordination dont on a vu qu'elle était délicate avec l'A380.

Dans l'Internet, l'innovation nécessite beaucoup moins de capitaux pour la R&D (au départ) et par contre, beaucoup de savoir faire marketing et "sociétal". Elle fonctionne en réseau et à l'échelle planétaire. Elle s'appuie sur des technologies largement disponibles. La différentiation vient pour l'essentiel des usages. Par certains côtés, la techno de l'Internet s'est commoditisée, surtout pour les nouveaux services comme les réseaux sociaux.

La différence entre les US et la France, c'est que là bas, l'état d'esprit et la culture sont tels que même les développeurs ont un bon sens du marketing et de la vente, et contribuent ainsi à la réussite de leurs startups. Cette compétence est plus rare chez nous. Et on croit tellement à la prépondérance de la technologie que cela en devient absurde. Quaero est l'incarnation de cette croyance. En venir à bout nécessite ce changement de culture progressif que j'évoquais effectivement dans l'article sur la nomination de Besson.

Pierre 24/03/2008 08:34

@Bidule: Avec Airbus et la construction aéronautique je crois qu'on rejoint plus des secteurs de type stratégiques et autres "intérets vitaux" sur lesquels O. Ezratty fait un tres bref commentaire dans l'article mentionné par Pierre.

Pour l'application d'un modele Silicon Valley en simple copier-coller je partage ton septicisme, meme si je pense qu'une "bonne pratique ou pratique efficace" mérite d'etre regardée de plus pres et décortiquer pour voir ce qu'on peut en faire.

Et puis finalement l'intéret de l'article a mon sens est beaucoup sur "a qui va l'argent et pourquoi ce n'est pas la distribution la plus pertinente pour générer de l'innovation" que sur "d'ou vient l'argent et faut il financer ce genre de projet".

bidule 24/03/2008 07:44

En même temps, on a construit Airbus comme ça (à l'époque les critiques étaient les mêmes)... les usa avaient 100% du marché des gros porteurs à l'époque, maintenant c'est l'europe qui domine ce secteur (de peu).

L'europe ce n'est pas les états-unis, on a jamais fonctionné comme eux, leur modèle pour l'innovation n'est pas applicable ici et inversement.

Herve Lebret 24/03/2008 05:48

Voici le lien precis tire de Spectrum:
http://spectrum.ieee.org/jan07/4842

Herve Lebret 24/03/2008 05:46

Sur le sujet de Quaero, il est intéressant de noter que la revue IEEE Spectrum (spectrum.ieee.org) avait mis le projet parmi les "losers" high-tech en 2007 exactement pour toutes les raisons discutees ici. Mais il semble en effet que l'on ait pas bien compris en France, en Europe que l'innovation ne surgit que tres rarement de tels grands programmes...

Pierre 24/03/2008 03:17

Les réflexions et le point de vue d'Olivier Ezratty sur le rapport de l'Etat Français à l'innovation dans le domaine du numérique sont assez intéressants. C'est bien résumé dans cet article http://www.oezratty.net/wordpress/2008/numrique-pas-celui-que-lon-attendait/ paragraphe "De la recherche au produit et à l’innovation".

Sur un sujet connexe, Pierre, que penses-tu de la stratégie de SFR qui préfère investir dans des projets externes plutôt que de financer (ou faire financer par les programmes de recherche publique) une R&D interne (cf. post de Cathy ici même) ? Si cela s’avère être une voie intéressante et plus porteuse pour l’innovation, comment promouvoir cette façon de faire ? Quels freins faudrait-il lever ? Et y a-t-il moyen d’en faire une entreprise ?

PS : j’aime bien cet article orienté plus politique de l’économie numérique que politique tout court.

julien lopizzo 24/03/2008 02:51

effectivement quaero, à mon sens, aucune raison d'exister à part pour utiliser les budgets. Je pense que cet argent aurait pu servir à la création d'un véritable laboratoire européen ou à un business angels d'état.....

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