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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 03:14

Dans un long article publié sur le Wall Street Journal (un site de News Corp!), Le patron de Google Eric Schmidt réagit enfin à la polémique qui fait rage dans les medias du monde entier, suite aux menaces de Rupert Murdoch de retirer ses contenus de l'index de Google, et à sa tentative (ratée) de négocier une exclusivité avec Bing de Microsoft. Microsoft vient d'indiquer qu'il n'était pas davantage que Google prêt à payer pour indexer des pages.

Schmidt commence par agiter la perspective supposée plus enthousiasmante, pour les journaux, de la future consommation massive d'infos sur mobiles, Iphone et compagnie. En 2015 ce sera un mix de gratuit financé par la pub, de paiement à l'acte et d'abonnement dit-il. No big Scoop.

Il rappelle ensuite les volumes massifs d'internautes dirigés vers les sites medias par Google: 100.000 par minute, soit, dit-il aux patrons des medias: "100.000 opportunités qui ne vous coutent rien de conquérir des lecteurs fidèles et de générer du revenu". Sur ce point, fondamental, il a selon moi raison: Google c'est du marketing gratuit pour les journaux en ligne, et même un marketing rémunérateur car les pages vues générées par le trafic venant de Google produisent du revenu.

Schmidt, qui reconnait les difficultés des sites medias pour gagner de l'argent, se défend de l'accusation répandue dans les salles de rédaction comme quoi Google serait une sorte de voleur qui fait de l'argent sur leur dos. D'après lui les requêtes liées à l'info sont très peu monetisées sur Google, les annonceurs préférant les requêtes commerciales, ce qui est globalement vrai.

Le boss de Google veut rassurer: Internet ne va pas tuer l'info, comme la télé n'a pas tué la radio. Il y aura toutes sortes de modèles gratuits et payants, les meilleurs media ont déja compris l'importance de rassembler leurs lecteurs en communautés.

Petit coup de griffe au passage: " Murdoch lui-même dit que c'est l'endormissement des journaux, dû à leur situation passée de monopoles, qui les a mis dans ces difficultés, pas la technologie".

A mon avis il y a un peu des deux :-)

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Published by Pierre - dans Actualité
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commentaires

pierre 04/12/2009 11:54

Concernant la pub display, Google me parait menacer davantage les régies que les medias?

pierre 04/12/2009 08:27

Salut Emmanuel

ravi de cet échange.

A mon sens, ce n'est pas à Google de résoudre la crise du modèle économique des medias suscitée par Internet. Il y a une mutation industrielle en cours, comparable au passage des gros ordinateurs Mainframes aux PCs. Google n'y est pour rien, c'est l'existence d'Internet, de moteurs de recherche, et aussi d'outils de publication facile comme les blogs, qui remettent en cause le modèle des vieux medias.

Globalement il n'a a pas moins de consommation d'infos, mais plus, beaucoup plus. Il n'y a pas moins de budgets pub, mais plus, même si les moteurs de recherche, essentiellement Google, en prennent une grande partie. Les nouveaux acteurs, les blogs par exemple, en prennent aussi une part de plus en plus importante.

Le problème des medias est le même que celui qui était posé à IBM, vendeur de Mainframes: est-il possible de réussir une mutation qui fait abondonner peu à peu le business historique (le off.line), et rémunérateur, au profit d'un business nouveau (le on-line), mal connu, petit, hyper-concurrentiel, etc ...

Dans ce genre de situation, les entreprises ont généralement du mal à lâcher la proie pour l'ombre, ce qui est pourtant la condition de leur survie. Ainsi IBM n'a pas réussi dans les PCs, il les a même abandonnés. Mais il a trouvé une troisième voie: les services.

Ce qui pourrait peut-être inspirer les medias, qui semblent avoir oublié que sans les petites annonces et l'immobilier les quotidiens n'auraient jamais été rentables. Il en est de même sur Internet: l'info peut y rentabilisée par des services.

My two cents,
Pierre

Emmanuel 04/12/2009 02:25

Microsoft n'est pas prêt à payer pour indexer (il n'y avait que Voila.fr pour avoir misé sur ce modèle par ailleurs) mais probablement plus pour placer en exclusivité ses liens sponsos. Les jeux sont donc ouverts.

Je crois qu'il est clair que Murdoch est surtout en train de négocier sur le terrain commercial alors que le gros du deal Myspace/Google doit faire l'objet du dernier volet de la transaction (le plus gros), ceci sans que l'on sache si Myspace a effectivement atteint les objectifs d'audience fixés dans le contrat...

Pour le reste je suis surtout surpris de la portée très limitée pour ne pas dire indigente des contre-propositions de GG. En particulier j'y vois une vision de la presse finalement assez archaique, preuve qu'en réalité GG n'a pas plus de vision ni de solutions sur le sujet. Il faudra bien pourtant résoudre l'une et l'autre car les perspectives de croissance reposent désormais pour Google sur la pub display, c'est à dire au coeur de la chasse gardée des medias.
Sur ce plan Google se heurte à un mur qu'il a lui même dressé.





Vincent 03/12/2009 04:28

Murdoch aura réussi au moins un truc: faire parler de ses journaux avec cette polémique. Mais si c'est déjà fini avec le retrait de Microsoft pour ce qui est de payer, cela aura été de courte durée.

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